Les diabétiques reconnaissent unanimement que ce n'est pas l'hyperglycémie en elle-même qui représente la plus grande menace, mais plutôt les complications potentielles qu'elle engendre. L'hyperglycémie prolongée peut endommager la macro- et la microvascularisation, entraînant des lésions multifactorielles dans tout l'organisme. Le dépistage précoce et la prévention de ces complications sont au cœur des préoccupations de toute personne diabétique, d'où l'importance cruciale des examens de santé réguliers. En tant que patients diabétiques, nous devons nous familiariser avec les principaux examens qui requièrent une attention constante.
Surveillance régulière des protéines urinaires
Néphropathie diabétique Elle résulte du dérèglement métabolique du diabète, aggravé par une sclérose nodulaire glomérulaire étendue au niveau des reins. Principalement due à une atteinte microvasculaire diabétique, sa manifestation initiale est caractérisée par une légère élévation de l'excrétion urinaire d'albumine (microalbuminurie), qui évolue progressivement vers une macroalbuminurie, une augmentation du taux de créatinine sérique et, finalement, une insuffisance rénale.
La détection de traces d'albumine dans les urines constitue le moyen le plus courant de diagnostiquer la néphropathie diabétique à ses débuts. Les méthodes de recueil d'urine comprennent :
- Échantillon d'urine ponctuel – Mesurer le rapport albumine/créatinine à un moment donné.
- Collecte d'urine sur 24 heures – Quantification de la quantité totale d'albumine sur une journée.
- Collecte d'urine chronométrée (4 heures ou une nuit) – Évaluation du débit d'excrétion urinaire d'albumine. En cas de résultats anormaux, un nouveau test doit être effectué dans les 3 mois pour confirmation, conformément aux directives spécifiques de l'hôpital.
Chez les patients atteints de diabète de type 2, le dosage de la microalbuminurie doit être effectué dès le diagnostic, tandis que chez ceux atteints de diabète de type 1, ce dosage doit être réalisé après une durée de la maladie d'au moins 5 ans. Par la suite, un suivi annuel est recommandé afin de dépister rapidement une néphropathie diabétique. En cas d'augmentation du taux d'excrétion urinaire d'albumine, l'examen doit être répété 2 à 3 fois sur une période de 3 à 6 mois.
Examens ophtalmologiques périodiques
Rétinopathie diabétique La rétinopathie diabétique est une complication microvasculaire caractéristique du diabète, dont les facteurs de risque incluent la durée du diabète, l'hyperglycémie, l'hypertension et la dyslipidémie. À ses débuts, elle peut être asymptomatique ou présenter peu de symptômes, soulignant l'importance d'un examen proactif du fond d'œil. Les patients chez qui le diabète est diagnostiqué après une longue période pré-diagnostique sont plus susceptibles de présenter une rétinopathie au moment du diagnostic. Par conséquent, les patients atteints de diabète de type 2 devraient bénéficier d'un premier examen du fond d'œil et d'évaluations ophtalmologiques complémentaires rapidement après le diagnostic.
Il est conseillé aux patients diabétiques sans rétinopathie de passer un examen ophtalmologique tous les 1 à 2 ans, à ceux présentant une forme légère de la maladie annuellement et à ceux présentant une forme sévère tous les 3 à 6 mois. Les femmes enceintes nécessitent des examens plus fréquents. L'examen ophtalmologique comprend l'acuité visuelle, la pression intraoculaire, l'angle irido-cornéen et l'examen du fond d'œil (recherche de microanévrismes, d'hémorragies intrarétiniennes, d'exsudats durs, de nodules cotonneux, d'anomalies microvasculaires intrarétiniennes, de dilatation veineuse en chapelet, de néovascularisation, d'hémorragie vitréenne, d'hémorragie prérétinienne, de fibroplasie, etc.). Perlage veineuxLa dilatation localisée des veines rétiniennes, qui ressemble à un collier de perles, est une caractéristique du diabète.
Autosurveillance de la pression artérielle
L'hypertension est une comorbidité ou une complication fréquente associée au diabète.Dans le diabète de type 1, l'hypertension aggrave souvent le déclin de la fonction rénale, tandis que dans le diabète de type 2, elle reflète généralement la coexistence de multiples facteurs de risque cardiovasculaires et métaboliques. L'association du diabète et de l'hypertension augmente considérablement le risque de maladies cardiovasculaires, d'accidents vasculaires cérébraux, de néphropathie, de rétinopathie et de mortalité chez les patients diabétiques. Inversement, une prise en charge efficace de l'hypertension peut réduire considérablement la probabilité de développer et d'aggraver les complications liées au diabète.
Pour les patients atteints de diabète et d'hypertension, pression artérielle systolique cible est &<130 mmHg, et pression artérielle diastolique devrait être maintenu à <80 mmHg.
Les patients diabétiques doivent surveiller leur tension artérielle à domicile en semaine. Dès qu'une tension atteint 120/80 mmHg ou plus, ils doivent adopter des mesures hygiéno-diététiques pour la faire baisser et prévenir l'apparition d'une hypertension. Les personnes dont la tension artérielle est ≥ 140/90 mmHg peuvent envisager un traitement antihypertenseur, tandis que celles dont la tension est ≥ 160/100 mmHg ou dépasse la valeur cible de 20/10 mmHg doivent commencer rapidement un traitement médicamenteux, éventuellement combiné si nécessaire.
Procédure d'automesure de la pression artérielle:
Pour les personnes dont la tension artérielle est inférieure à la norme, il est recommandé de la mesurer matin et soir, en répétant chaque mesure 2 à 3 fois, pendant sept jours consécutifs. La tension artérielle moyenne des six jours suivants servira de référence pour la prise en charge médicale. Pour les personnes dont la tension artérielle est déjà dans la norme, des mesures hebdomadaires sont conseillées. Pour une mesure standardisée, il est important de se reposer tranquillement pendant au moins 5 à 10 minutes, de s'asseoir, de bien fixer le brassard sur le haut du bras, de le poser sur une table, de rester silencieux et immobile, et de ne pas parler pendant la mesure. Respectez un intervalle d'une minute entre deux mesures. Notez précisément vos mesures de tension artérielle et transmettez-les aux professionnels de santé comme référence pour le traitement lors des consultations de suivi.
Contrôles réguliers du profil lipidique
Les anomalies lipidiques fréquentes chez les patients atteints de diabète de type 2 comprennent une élévation des triglycérides et une diminution du cholestérol HDL, deux facteurs fortement associés à un risque accru de maladies cardiovasculaires. Des études ont démontré que les statines peuvent atténuer le risque de maladies macrovasculaires et de mortalité chez les patients diabétiques en réduisant les taux de cholestérol total et de cholestérol LDL.
Les patients diabétiques doivent bénéficier d'un bilan lipidique réalisé au moment du diagnostic, puis annuellement. Ce bilan doit inclure le cholestérol LDL, le cholestérol total, les triglycérides et le cholestérol HDL. Chez les patients sous traitement hypolipémiant, le bilan lipidique doit être adapté à l'évaluation de l'efficacité du traitement, ce qui implique une surveillance plus fréquente.
Tests de la fonction hépatique
Chez les patients diabétiques atteints de stéatose hépatique, l'absorption du glucose et des acides gras est souvent altérée, ce qui bloque la synthèse des lipoprotéines. Par conséquent, une part importante du glucose et des acides gras est transformée en graisses dans le foie, entraînant leur accumulation et le développement d'une stéatose hépatique. Les tests de la fonction hépatique permettent de détecter la présence d'une maladie du foie, d'évaluer l'étendue des lésions hépatiques et d'en déterminer la cause sous-jacente.
Une fonction hépatique normale est également un critère de choix des médicaments adaptés aux patients diabétiques. Le foie est le principal organe du métabolisme des médicaments dans l'organisme ; il neutralise leur toxicité par oxydation, réduction, hydrolyse, conjugaison et autres processus, permettant ainsi aux médicaments de pénétrer dans la circulation sanguine et d'exercer leurs effets.La plupart des médicaments, y compris les hypoglycémiants, nécessitent un métabolisme hépatique pour être efficaces. Les médicaments sont métabolisés par le foie sans altérer directement sa fonction ; par conséquent, tant que les diabétiques ont une fonction hépatique normale, ils n’ont pas à s’inquiéter de l’impact des médicaments sur le foie. Cependant, chez les patients présentant une insuffisance hépatique, le médicament peut affecter le foie de manière involontaire lors de son métabolisme. En cas d’insuffisance hépatique manifeste, le passage à une insulinothérapie est conseillé.
Les patients atteints de diabète de type 2 doivent faire contrôler leur fonction hépatique au moment du diagnostic, puis annuellement.
Évaluations de la fonction rénale
Les reins jouent un rôle crucial dans le métabolisme et l'élimination des médicaments par l'organisme. Chez les patients diabétiques présentant des problèmes rénaux, une insuffisance rénale peut survenir. Un suivi régulier de la fonction rénale permet un dépistage précoce de la néphropathie diabétique. En cas d'insuffisance rénale chez ces patients, certains hypoglycémiants oraux ont tendance à s'accumuler dans le sang, augmentant ainsi le risque d'effets indésirables tels que l'hypoglycémie. Les patients souffrant d'insuffisance rénale doivent opter pour un traitement hypoglycémiant plus sûr, sous surveillance médicale.
Les personnes atteintes de diabète de type 2 doivent faire évaluer leur fonction rénale au moment du diagnostic, puis annuellement.
Électrocardiogramme (ECG)
L'électrocardiogramme (ECG) est un outil clinique largement utilisé pour évaluer les affections cardiaques. Il contribue au diagnostic des arythmies, de l'ischémie myocardique, de l'infarctus du myocarde et à sa localisation, à l'identification de la dilatation et de l'hypertrophie cardiaques, ainsi qu'à l'évaluation de l'influence des médicaments ou des déséquilibres électrolytiques sur le cœur. Les patients atteints de diabète de type 2 doivent passer un ECG au moment du diagnostic, puis annuellement, afin de faciliter le dépistage précoce des maladies cardiaques.
Hormone stimulant la thyroïde (TSH)
Le diabète et les troubles thyroïdiens sont les deux affections les plus fréquentes du système endocrinien et métabolique, et leur coexistence est souvent due à une interaction complexe. Hypothyroïdie L'hypothyroïdie se caractérise par un métabolisme ralenti dû à une diminution de la synthèse et de la sécrétion des hormones thyroïdiennes ou à des effets physiologiques inadéquats. Le diabète de type 1 et l'hypothyroïdie sont deux maladies auto-immunes. Les personnes atteintes de diabète de type 1 sont prédisposées à développer une hypothyroïdie, la plupart des cas étant asymptomatiques. Une minorité peut présenter des symptômes tels qu'un goitre indolore, une prise de poids, un retard de croissance, de la fatigue, de l'anorexie, de la constipation, une intolérance au froid, une somnolence et une bradycardie. L'association du diabète de type 1 et de l'hypothyroïdie peut entraîner un contrôle glycémique suboptimal, une résistance accrue à l'insuline et un risque accru de maladies cardiovasculaires. Il est donc recommandé aux personnes atteintes de diabète de type 1 de faire doser leur TSH annuellement, et à celles atteintes de diabète de type 2 de le faire tous les 3 à 5 ans.